Les types de douleurs

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Tout le monde peut souffrir de douleurs et chacun a le droit d'etre apaiser.

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Lorsque mon fils ou ma fille tombe, ils ressentent une douleur vive, pleurent et viennent se faire consoler. Une fois les larmes séchées, ils peuvent repartir jouer et en ayant oublié ce qu’ils venaient de vivre. Que ce soit pour les grands ou les petits, la douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, associée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle, ou décrite dans ces termes (C’est la définition officielle de l’Association internationale pour l’étude de la douleur (IASP)).

Près des deux tiers des consultations médicales ont pour motif un problème douloureux. Elle fait l’objet de nombreux projets de recherches (tant cliniques que fondamentales) pour comprendre son fonctionnement et pour apporter des traitements plus efficaces. En 2019, sur MEDLINE, la base de données d’articles médicaux de référence, il y a 18 893 articles en langue anglaise enregistrés. Si je devais passer une heure sur chaque article pour les comprendre, il me faudrait neuf ans à raison de 8 heures de lectures par jour du lundi au vendredi.

Mon corps a des récepteurs pour la douleur

Prenons l’exemple de la peau : si nous la représentons comme une pièce de la maison, celle-ci serait remplie de thermomètres, de capteurs de fumée, de baromètres et d’autres capteurs qui seraient l’équivalent des récepteurs sensitifs du corps. Ceux-ci sont « aveugles » au message de la douleur. Car la douleur est une information différente de la chaleur, la pression ou d’autres sensations sensitives ; un signal d’alarme envoyé depuis la zone qui « souffre » vers le cerveau. Le message douloureux utilise des nerfs et récepteurs spécialisés : les terminaisons libres (c’est-à-dire qu’elles sont dépourvues de capteurs spécifiques). Elles sont comme des fils électriques qui occupent la pièce de la maison et forme un réseau ou une toile. Elles ont la particularité d’être sensibles à plusieurs types de stimulus (chaleur, pression, étirement). Cependant les terminaisons libres captent l’information de douleurs plus tardivement que les récepteurs « plus sensoriels ». Ce qui explique que nous avons une sensibilité normale, par exemple la chaleur de l’eau du bain, qui peut devenir douloureuse, si la température appliquée augmente trop.

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Les douleurs sont ressenties par le corps grace aux recepteurs sensitifs.
Les recepteurs de la douleurs agissent comme des systèmes d'alerte (un radar à sensation anormale).

Quand le matin, mal réveillé, je me verse du café brûlant sur la main, j’ai d’abord la réaction d’enlever la main avant d’avoir mal ou d’avoir senti la chaleur. C’est grâce à un message douloureux plus rapide que la sensation de douleur. La douleur est captée par les nocicepteurs et emprunte pour transmettre la douleur deux types de fibres (les Aδ et les C). Les fibres Aδ sont des fibres qui transmettent les douleurs dix à vingt fois plus vite que les C. Ce sont elles qui organisent la protection du corps et donnent une douleur « rapide » alors que les fibres C donnent la sensation d’une douleur plus sourde. La sensation de douleur a besoin d’être interprétée par le cerveau alors que le réflexe de retrait s’organise dans la moelle épinière (sans que le cerveau en ait conscience).

Il y a plusieurs types de douleurs

Une rage de dents, un torticolis ou lombalgie ont quelque chose en commun, c’est douloureux (voire très douloureux). En dehors de l’intensité de la douleur, il y a plusieurs façons de classer les douleurs. Par exemple, en fonction de la durée de celles-ci :

  • La douleur aiguë qui est le signal d’alarme (quelque chose fonctionnement anormalement dans le corps).
  • La douleur chronique qui sont des douleurs aiguës qui durent plus longtemps que ce qui est habituel pour leur cause initiale présumée (en moyenne lorsqu’elle dure plus de trois mois).
  • La douleur liée aux soins (par exemple les MTP — massages transversaux profonds — dans le traitement des tendinites ou le palper-rouler sur les adhérences tissulaires) qui doivent être les plus brefs possibles voire évitées.
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Tout le monde peut souffrir de douleurs et chacun a le droit d'etre apaiser.
La médecine classe les douleurs en fonction de leur durée ou de leur mécanisme.

On peut aussi classer les douleurs selon leurs mécanismes :

Les douleurs par excès de nociceptions.
Ce sont les douleurs les plus fréquentes et celles que tout le monde connaît. Ce sont les fibres nociceptives qui captent une douleur et la transmettent au cerveau. Elles sont sensibles au traitement antalgique (traitements les plus fréquents) qui bloque le message douloureux directement au niveau des fibres ou dans le système nerveux central (moelle épinière ou cerveau).
Les douleurs neuropathiques.
Beaucoup moins fréquentes, elles proviennent d’une modification de la transmission du message douloureux suite à une lésion nerveuse (traumatique, toxique, virale, tumorale, etc.). Ces douleurs-là sont traitées par des médicaments qui agissent directement sur le système nerveux central. Il est important de noter qu’elles peuvent s’associer à des douleurs par excès de nociceptions, ce sont des douleurs mixtes.
Les douleurs dysfonctionnelles.
Encore plus rares, les douleurs dysfonctionnelles correspondent à des pathologies bien précises où le patient souffre sans lésion associée. Ce sont par exemple certaines céphalées ou migraines, le cas de la fibromyalgie ou les troubles fonctionnels intestinaux.
Les douleurs psychogènes.
Ce sont des douleurs dans un contexte psychopathologique avéré (conversion hystérique, dépression, etc.). Il agit de véritables douleurs qui doivent être prises en charge au même titre que les autres douleurs et non d’un diagnostic par défaut. (Article L1110-5 du code de la santé publique : « […] toute personne a le droit de recevoir des soins visant à soulager sa douleur. Celle-ci doit être en toute circonstance prévenue, évaluée, prise en compte… » )

Je peux soulager ma douleur

Les messages de la douleur transitent par la moelle épinière jusqu’au cerveau. Il est donc possible d’atténuer voire de bloquer ces messages à différents endroits du trajet de ce message de façon simple (en cas de douleurs résistantes, la consultation médicale reste la conduite de référence à adopter).

Par exemple, au niveau du cerveau, on a constaté que s’occuper l’esprit peut atténuer voire faire disparaître temporairement la douleur. Lors mon fils ou ma fille tombe en courant après le ballon, si je l’encourage à continuer à jouer, après m’être assurer que tout va bien, j’occupe leur esprit pour que la douleur disparaisse. Cette astuce fonctionne aussi pour les adultes : lorsque je suis plongé dans un film ou un livre, il arrive que mes douleurs s’atténuent voire disparaissent durant ce moment de détente (vive la série des films sur le Seigneur des Anneaux).

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Le massage en kinesitherapie peut soulager les douleurs
En kinésithérapie, le massage est une technique de choix pour apaiser les douleurs.

Au niveau de la moelle épinière, lors du relais, il est possible aussi d’atténuer ou de bloquer le message douloureux : c’est la théorie du portillon. Quand je me cogne, si je frotte doucement la région douloureuse, les fibres sensitives (qui sont plus rapides que les fibres nociceptives) vont passer devant le message douloureux (et fermer le passage à la douleur). Cela fonctionne aussi avec les stimulations électriques (TENS), les massages et toutes les techniques « physiques » (froid, chaud, application écossaise — alternance froid chaud) en rééducation.

Au niveau de la région douloureuse, avec les applications de froid et de chaud ou les traitements médicamenteux (anti-inflammatoire, antalgiques) en local ou par voie orale, je peux aussi calmer les douleurs. À ce propos, je vous recommande la lecture de ce dépliant de l’observatoire français du médicament ou encore cet article de l’assurance maladie sur la prise des médicaments.

Il est important de savoir qu’associer plusieurs techniques antalgiques améliore les effets : me caler devant un film, avec du froid sur la cheville et les antalgiques prescrits par le médecin me permet d’oublier le temps du film l’entorse que je viens de me faire.

Il est inutile de supporter une douleur sans traitement

Lorsque mes enfants se font mal, ou lorsque moi-même je souffre, supporter la douleur est à présent évitable et de nombreux traitements médicamenteux ou alternatifs (rééducation, hypnose) existent.
L’expérience de votre médecin, de votre kinésithérapeute ou du professionnel de santé en qui vous avez confiance peut vous apporter un soulagement et un retour à une vie quotidienne plus sereine.